Vous trouverez ci-dessous les liens menant aux articles/critiques/chroniques relatifs à La solitude de l’ours polaire, de Louis-Stéphane Ulysse :
Le salon littéraire – Anne Bert
La bauge littéraire – Thomas Galley
Les amours de livres – Falbalpat
Nous sommes heureux de vous annoncer la prochaine publication d’e-fractions éditions prévue en mars 2013 :
« Je m’arrête de faire ce que j’ai à faire et je regarde le ciel. Il tourne au-dessus des vies, il avance et roule sur lui-même, et je me dis que nos vies seraient plus simples si elles vivaient comme lui. Le ciel vit sur une route sans fin, peuplée de tourments, de bouillons, d’apaisements, mais il se désole parce que rien ne vit dans son territoire, et rien ne vit en lui… Parfois un nuage noir passe sur nos silhouettes isolées comme un lent bombardier… »
Sous le ciel-couvercle, les individus se poussent à la perte, perdent, se perdent et vivent dans le deuil de ce qu’ils ont perdu. Ils dérivent, pareils à des icebergs perdant toute consistance dans le réchauffement climatique. L’onirique flirte avec le cauchemardesque. Avec La solitude de l’ours polaire, Louis Stéphane Ulysse nous parle d’amour et de désir dont on ne sait que faire.
Ce récit est accompagné d’une musique originale composée par Caroline Duris.
Récit inédit / Livre numérique enrichi et particulièrement développé pour iOS / ISBN : 979-10-92243-02-4 / ©E-FRACTIONS EDITIONS/LSU-mars 2013
À l’origine de la fondation d’E-FRACTIONS ÉDITIONS, il y a d’abord eu la rencontre de deux hommes, Franck-Olivier Laferrère et Paul Leroy-Beaulieu, qui a donné lieu à la création et la publication en février 2012 du recueil numérique Aimer, c’est résister qui s’est depuis doublé d’une adaptation scénique sous la forme d’une lecture concert avec la comédienne Dominique Frot, accompagnée de la pianiste et compositrice Caroline Duris.
Fonder une maison d’éditions à part entière marque non seulement notre volonté d’inscrire dans le temps le travail éditorial initié avec cette première publication, mais également notre souci de développer des outils et des schémas innovants en matière de diffusion et de promotion de la littérature contemporaine que nous entendons défendre et mettre en valeur.
La littérature comme contenu , donc, et non comme symptôme d’un fétichisme du seul objet livre au détriment de ce qu’il contient, de celles et ceux qui l’écrivent ainsi que de ses lecteurs, voilà le parti pris d’E-FRACTIONS EDITIONS, en pleine conscience de la nécessité d’une étroite collaboration avec les libraires indépendants, les bibliothèques, les médiathèques, les centres de documentation et d’information, toute forme de relais soutenant la lecture et la littérature contemporaine en somme, comme garantie de la survie et de la pérennité de la littérature et de l’économie qui la soutient.
TRAVAIL ÉDITORIAL : du manuscrit à la publication du livre numérique et papier
L’équipe d’E-FRACTIONS EDITIONS prend en charge l’ensemble du travail éditorial : elle sollicite et reçoit des manuscrits qu’elle sélectionne et retravaille avec les auteurs pour les corrections éventuelles. Les conditions de publication d’une œuvre sont obligatoirement fixées par un contrat écrit, préalablement conclu entre E- FRACTIONS ÉDITIONS et l’auteur. E-FRACTIONS ÉDITIONS assume la mise en page, l’illustration des textes s’il y a lieu, la production de fichiers de livres numériques, éventuellement complétés par des images, du son, de la vidéo. Lors de la publication de l’œuvre, sous forme de livre numérique pour la publication originale, E-FRACTIONS ÉDITIONS prend en charge la communication, la diffusion, la distribution des supports de vente afin d’assurer des conditions de commercialisation optimales.
Les publications numériques sont doublées d’une édition papier de grande qualité en série limitée, disponible en souscription ou non, au siège d’E-FRACTIONS EDITIONS, lors de toutes les manifestations auxquelles la maison E-FRACTIONS EDITIONS se trouve associée et chez certains libraires partenaires.
E-FRACTIONS EDITIONS, maison d’édition travaillant exclusivement à la mise en valeur de la littérature contemporaine, publie poésie, récits, essais, carnets d’auteurs francophones ou étrangers en traduction ou bilingue, sans limite minimale ou maximale du nombre de signes, éventuellement dans des collections enrichies. La validation par le comité de lecture est le seul sésame de publication – avec toute la subjectivité que cela induit. Le travail indispensable avant la publication (traduction, corrections, illustration…) est fait par des professionnels en lien avec les auteurs.
©E-FRACTIONS EDITIONS-2012
Direction Franck-Olivier Laferrère & Paul Leroy-Beaulieu.
Il n’est pas 6h et je suis déjà debout dans l’extrême fraicheur de ce petit matin alpin. Avignon est désormais loin au Sud, à près de 4h de route… Nous voici sortis de la bulle, de cette Hétérotopie gigantesque qu’a su devenir ce festival qui a fini, au fil de ces plus de soixante années, par avaler la ville et sa population toute entière. Étrange sentiment, violence inouïe que ce retour au reste du monde… La radio de mon père crachote au loin les nouvelles vieilleries dramatiques de l’immonde… Les informations s’enchaînent, la bataille d’Alep qui vient de commencer me renvoie évidemment à Lawrence d’Arabie et fait écho au nouveau spectacle de la chorégraphe d’origine arménienne Balkis Manoukian RESSEMBLANCE qu’éclaire Frédéric de Rougemont au Théâtre de l’Esperluette, construit autour de deux jeunes danseurs syriens qui n’ont pu arriver jusqu’en Avignon, retenus dans cachot d’Assad… Le nom du premier britannique vainqueur du Tour de France, les échos de la fusillade aux États-Unis, le chauffard qui a tué une mère et sa fille de onze ans alors que A. dort encore dans son petit lit d’enfant, là, juste en bas de l’escalier, attendant que je vienne le réveiller avec son petit chocolat chaud…
Je lui dirais sans doute qu’un judoka palestinien s’est qualifié pour les JO…l’importance que cela peut revêtir, la manière dont ce sera à l’évidence récupéré par les pires d’entre-nous… Je lui dirais aussi l’importance fondamentale que revêt à mes yeux la reconnaissance, par un homme de gauche, de surcroit président de la République, au Vel’d'Hiv hier, de la responsabilité de la France dans la déportation des juifs…
Le froid transperce mes vêtements et ma main glisse en saccades sur mon carnet. Le bilan de ces quelques jours, de cette e-fraction spontanée, est plutôt positif, même si je regretterai de ne pas en avoir fait plus ou d’avoir raté quelques tendres ami(e)s. Le temps de courir est passé, vient celui de reprendre dans le silence le mouvement immobile de l’écriture ; de voir A. tenter d’apprendre à maitriser un catamaran sur les eaux bleues du lac d’Annecy, mes carnets posés sur l’herbe de ses berges ou sur une table de la terrasse du lounge-bar du Palace de Menthon… V. défiant ses propres enfers sur les siens, sa main gauche si habile à cingler le juste, à frapper au cœur le vacarme silencieux du pire, sa peau brune avalant le soleil comme le sable tout liquide qui s’y déverse.
Dans quelques semaines, le souffle des pales du moulin à vent emportera au loin la tristesse sourde des tragédies passées, par delà la mer de vignes, jusque sur la corniche de Sète qui plonge dans la mer, avant de l’y jeter.
L’incendie qui fait barrage autour du musée Dali à Figueras se sera tu, il ne restera que des cendres, désert rocailleux et calciné veillant sur la route de Barcelone. La lumière diminuera encore un peu avant de glisser sobrement dans l’hiver et la guerre secrète se déplacera dans les arrière-salles des cafés ou sous la verrière salie par le temps de quelque bâtiment industriel abandonné où nous rêverons de commettre une prochaine EFFRACTION#.
Les livres que nous éditerons ne connaitront ni les murs, ni les frontières , diffusant cette littérature, ces textes et ces voix singulières auxquels nous croyons et pour lesquels nous avons décidé de nous battre sans savoir si nous gagnerons et je me dirai sans doute une fois de plus, là, au milieu de l’hiver, quelque part au Sud de nulle part, que le prix de notre liberté pourra bien augmenter que nous le payerons encore, sans sourciller, jusqu’au dernier centime, jusqu’à la dernière peau, parce que nous ne saurons jamais vivre autrement…
L’étuve carcérale des premiers jours a finalement cédé sous les bourrasques du mistral qui s’est levé dans la nuit de vendredi à samedi. 3, 6, 9…comme les baux locatifs, tel est le tarif qu’impose le vent qui rend fou à tous ceux qui vivent entre les murs de la cité papale. Place Pie, j’aurais presque froid, assis une dernière fois à la terrasse du 3,14 tandis que se griffonne les traces de la veille… Cri muet arrachant le silence au bruit et à la fureur…
Carnaval de sang-pris mimant la joie, mimant la vie, rite vaudou pour conjurer le sort, pour conjurer la mort…ou la survie qui finit par ressembler à cette certaine idée que je me fais de l’enfer quand je veux bien y penser un tant soit peu lucidement…
Mais la lucidité n’est pas toute circonscrite dans le seul constat du désastre en cours… C’est ce que je pensais en sortant de Push Up, hier après-midi, le très beau spectacle du Théâtre d’Air qui se joue à 13h45 au Grenier à Sel.
Pas toute, donc, dans l’autopsie du désastre… C’est également ce que je me disais en discutant avec Vincent Cambier et Cédric Enjalbert hier soir sur la place des Carmes…
Et puis sourire en tombant sur Frédéric de Rougemont, sourire et se sourire en projetant de créer un club des moulins à vent… Don Quichotte d’aujourd’hui parce qu’il y a de la noblesse à croire qu’autre chose est possible, que même le pire n’est jamais certain… Malgré tout, malgré l’aigreur qui s’insinue même chez les meilleurs d’entre-nous… Humains si humains, petits frères de misère brassant les acides corrosifs sous le soleil des illusions perdues…
Ps : Pendant que j’y pense, si vous passez par ici, allez manger au Barrio, les patrons sont gentils et les plats irréprochables… Sinon il vous restera les valeurs sûres, Chez Marie rue des Lices, Avedis place des Carmes ou son voisin Merci Tonton
Voilà, il temps que je vous laisse pour aller retrouver mon si cher Philou, pour partager IRL l’un de ces instants précieux qui vous habite longtemps après avoir eu lieu…
Évidemment, plus tu avances dans le festival, plus ta tête pèse lourdement, entrainant irrémédiablement avec elle tout ton corps vers sa chute, ce moment où tu sais que le retour au silence est plus que nécessaire, besoin vital de retrouver un climat sonore tempéré, un lieu où écrire et pouvoir revenir doucement sur la folie de ces nuits et ces jours qui finissent par se confondre; en attendant que le limon des colères nées des outrances et des outrages de la bêtise crasse qui se ramasse à la pelle vienne se redéposer au fond.
Hier, rien qu’hier, dans les seules 24 petites heures qui composent une journée, trois libraires indépendants nous ont ouvert leur porte, ainsi que la Maison Jean Vilar et la Médiathèque d’Avignon. Cinq rencontres, donc, toutes différentes et toutes précieuses, appuyées sur cet amour commun de la littérature, l’envie de la défendre et d’imaginer pour demain, les moyens de la faire vivre…Quelques heures auparavant, nous avions déjeuné avec Laurent M à l’ombre de la Place des Carmes, à la taverne arménienne d’Avedis. Conversation tendre et riche, au milieu du vacarme carnavalier, que nous reprîmes le soir même au Bar de la navigation, QG des équipes artistiques de la région Pays de Loire. Là aussi, des rires et des amis retrouvés, dont ce cher Matthieu M, jamais décevant ni comme homme, ni comme artiste, douceur extrême de voir Philou veiller sur son petit monde, attentif, merveilleux ami et parfait directeur technique de ce lieu jamais facile à gérer qu’est ce grand paquebot, le Grenier à sel. Et puis Chacha, Dimitri, Steeve, Berenice et les autres, ne manquait que Manu D, parti au petit matin en tournée. Dans le fond tout aurait pu en rester là, sur cette tendre trouée d’amitié sincère et partagée, cette incarnation en actes d’aimer c’est résister. Oui, dans le fond ça aurait pu en rester là, si je n’avais insisté pour honorer ce triste carton d’invitation à fouler une nouvelle fois le potager des papes pour une énième soirée du In…Si nous n’étions pas tombés sur des forces de l’ordre harnachées pour faire face aux émeutes, prêtes à lâcher les chiens sur trois gamins jouant encore de la musique dans la rue à 2h du matin, si les petits gardiens des portes potagères ne nous avaient pas laissé entendre combien les résultats des législatives dans cette région n’étaient décidément pas un accident et si, autour des buffets, d’infatués crétins n’avaient fini de nous donner la nausée…
Hier, parlant avec M, brillante étudiante de l’ENS Lyon, encore tard au milieu de l’assourdissant silence de la nuit, lorsque toutes les vociférations festivalières – même les plus avinées- ont enfin sombré, abattues par l’épuisement comme un arbre par la foudre, je me suis demandé si la première nuit devait obligatoirement déterminer toutes les autres. Si nos nuits dévoreraient peu à peu nos jours, les chuchotements conspirateurs le chant clair du clairon spectaculaire dans l’épaisse chaleur des jours, la tristesse hagarde des constats que l’on voudrait ne pas pouvoir faire, les trouées lumineuses qu’on ne cesse d’inventer sans même s’en rendre compte et dont pourtant, si heureux qu’elles existent, on se dira le maître-instigateur pour tenter de bâtir le fragile édifice de son existence sociale en rassurant le cartésianisme enfantin qui nous rend pire qu’une actrice déchue contant les hauts faits de sa gloire passée dans une salle dépeuplée d’un village de campagne…
Et sans doute que si je me suis posé cette question c’est parce que le mal grandit, colonisant peu à peu l’ensemble du corps-saint d’Avignon, comme il le fait ailleurs aussi, gangrène silencieuse dont on cherche à masquer la puanteur à grands renforts de poudres parfumées… Maquiller la putréfaction en espérant idiotement que de ne plus la voir ni la sentir l’empêchera d’exister…Mais ici le malade n’a rien d’imaginaire et les médecins auto-proclamés aussi volontaires qu’ils sont mauvais. Le cygne chante désormais plus fort que le rossignol et la croissance endémique des spectacles du Off ne noie rien tant que la grâce et le talent. Décharge à ciel ouvert, viciant l’air le plus pur avec la même puissance qu’une charge de rhinocéros bouleverserait l’ordonnancement méticuleux d’un jardin à la française.
Le IN parade encore, mais un seul coup de vent qui viendrait soulever sa robe pourpre, révèlerait aux yeux du monde le petit charriot transportant l’indispensable bouteille d’oxygène qui maintient si difficilement en vie l’empereur. La comédie n’est plus sur le plateau ni dans la cour du Palais des papes, le drame a même fui les coulisses, il file parmi les hommes à travers les rues bruyantes, ombre de l’assassin glissant sur les murs et attendant son heure, tandis que le nouvel élu-roi de la République fait appeler les experts, afin qu’ils lui désignent l’avenir quand ces aveugles contrits n’ont d’autre visage à lui servir que celui d’un moribond fardé. Tout le monde sait mais tout le monde se tait, la corde effilochée sciant la main pourrait encore, sait-on jamais, résister quelques temps. Le peuple-spectateur quant à lui goûte avec bonheur la douceur savoureuse de l’ignorance, qui sauve de toute responsabilité, tandis que la chaleur pèse un peu plus lourdement sur les épaules des quelques hussards égarés, qui galopent espérant encore pouvoir échapper à la peste qui se répand lentement sous le soleil de Provence.
Je ne sais pas dans quelle mesure, d’avoir évoqué hier le souvenir de la douce folie de quelques nuits mémorables passées ici, n’a pas engendré la dernière. Si je vous dis que je n’avais rien prévu, d’aucuns en profiteront pour me rappeler combien il est nécessaire de prévoir et de se tenir à un emploi du temps quasi-militaire pour ne pas, de divagation en divagation, se dissoudre corps et biens – mon âme étant perdue depuis déjà bien longtemps- dans la longue et entêtante mélopée festivalière. Donc, hier en arrivant, n’ayant rien prévu d’autre que de récupérer les clefs de notre appartement, non sans avoir remporté préalablement la bataille du stationnement, nous nous sommes laissés aspirer par la farandole des ombres, qui dansent la nuit sur les murs de la cité. 300 grammes d’entrecôte bleue, sur leur lit de frites salées, au pied du manège de la place de l’horloge, comme socle boucher à toute péripétie nocturne, nous avons définitivement abandonné notre retraite silencieuse pour sauter de plain pied dans la furie carnavalière. Digérer la barbaque juteuse en sirotant, dans la quiétude pompeuse de l’Amirande, une floppée de Hemingway Special glissant dans le gosier en riant de bon coeur aux facéties joyeuses d’un Christian Benedetti et d’une Dominique Frot déchaînés. Puis, légèrement saouls et carrément guillerets, envisager de kidnapper un nain de jardin qui dirigerait le Grand Théâtre des Tournages en rond, avant de gravir les cimes et rejoindre les égos potagers dans cette soirée du IN où j’entendrais le grand Thomas Ostermeier défendre la prestation de son premier rôle comme un petit garçon dissimulerait dans son dos les poignées de bonbons qu’il vient de dérober. Et puis repartir dans la nuit, traverser Avignon désertée en se disant que décidément, ici, tous les égos sont rois.
il m’est drôle de constater comme il m’est impossible, chaque fois que j’arrive ici, de ne pas penser à la toute première fois où je suis venu. C’était en 2004 et je devais rejoindre F. de Rougemont, qui venait de mettre en scène le terrible texte d’Elsa Solal, L’autre guerre, sur les violences conjugales. Il jouait alors dans la salle devenue aujourd’hui Les Hivernales. Nous étions partis de nuit avec mon grand ami Emmanuel D., qui ne savait pas encore l’immense photographe qu’il est devenu aujourd’hui, mais dont, déjà, la photo ci-dessous trahit à mon sens l’évidence. Il m’avait récupéré rue Guynemer, dans la voiture de ses parents, nous avions roulé toute la nuit avant de tomber en panne au petit matin…Ainsi avaient débuté trois jours de douce folie, ne sachant jamais au matin où nous dormirions le soir, finissant la première au Delirium et les dernières dans une chambre d’hôte improbable, à la logeuse plus fantasque que tous les festivaliers réunis. Quelques années plus tard, j’en tirerais une nouvelle, Égaré, publiée par facilité chez un éditeur qui n’en avait que le nom, quelques semaines avant que nous nous installions au Grenier à sel pour la durée du festival, présentant Mémoire de ma mémoire, de Gérard Chaliand, également mis en scène par F. de Rougemont. Je ne sais plus si c’est en 2004 ou en 2007- il arrive même parfois que je me demande si elle n’a jamais eu lieu- que nous eûmes à quelques-uns, Place Pie où nous logeons aujourd’hui V. et moi, une très improbable conversation avec un représentant de l’ordre des Pénitents Gris, confrérie aux mœurs aussi riantes que la couleur de ses chasubles. Quoi qu’il en soit, nous avions parlé littérature, nous nous étions interrogés sur la place de la langue, de son rôle dans la cohésion d’une société, de son usage perverti pour promouvoir une idéologie et j’avoue, non sans sourire, que je lui donnerais bien à lire aujourd’hui le texte de notre manifeste.